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Interview




iwona cichalewska


Iwona CICHALEWSKA

Psychothérapie – Art thérapie
3 Rue Adler
67000 STRASBOURG
Tel : 03.88.32.78.49 / 06.20.16.26.28
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
http://psychotherapie-art.fr


LA PSYCHOTHERAPIE est un art de soigner l'esprit afin que le corps guérisse.

 

Vous faites un accompagnement psychothérapeutique et de l’art thérapie.
Quelle définition donnez-vous à ces deux appellations ?
C’est très enfermant de donner une définition. J’ai beaucoup de mal par rapport au titre car pour moi accompagner les personnes, c’est un art et une compétence qui se développe avec le temps. Je n’aurai pas pu faire ce métier à 35 ans parce qu’il a fallu d’abord prendre conscience de ma propre histoire. On peut biaiser une thérapie de la personne si on n’a pas revisité notre propre structure psychique.   
Il faut d’abord avoir compris ses propres enjeux inconscients avant de pouvoir accompagner ceux des autres. L’efficacité de l’accompagnement de la rencontre entre un psychothérapeute et la personne qui vient chercher tout d’abord le soulagement à sa douleur avant d’accéder à la compréhension de ses symptômes.


Quelles différences vous faites ?
L’art thérapie, c’est un outil. La psychothérapie, c’est un cadre.

C'est-à-dire un cadre ?
Quand une personne vient voir un psychothérapeute, elle cherche inconsciemment un cadre qui sécurise et qui apport un espace de libre expression. Je viens avec mon symptôme, je suis accueillie, j’ai des règles à respecter (horaires, prix de la séance, respect du thérapeute dans son environnement, etc…)
Le thérapeute répond avec son professionnalisme, sa disponibilité, son savoir-faire et son savoir-être.

Vous proposez différents outils comme l’hypnose, l’analyse des rêves, etc…, l’analyse des influences générationnelles. Ce sont des outils complémentaires à une psychothérapie classique, telle qu’on l’entend généralement ?
Il est établi qu’habituellement une psychothérapie est verbale.
Utiliser l’expression artistique, c’est détourner l’attention de l’inconscient.
Le symptôme étant une protection mise en place par l’inconscient et il s’agit par l’expression artistique de chercher à  comprendre la construction du symptôme.
Les différents outils que j’utilise figure sur le site http://psychotherapieart.monwebpro.com/

Concernant l’analyse des rêves, travaillez-vous avec les symboles ?
J’amène la personne à ce qu’elle explique la représentation qu’elle fait de son rêve, des images ou des situations qui lui apparaissent dans le rêve.


Finalement, c’est toujours la personne qui vient vous voir qui fait le travail ?
Oui, car la personne a toutes les réponses en elle.
Le rêve raconte une histoire et la personne va me la raconter avec ses mots à elle. Elle va y mettre un sens en rapport avec ce qu’elle vit.
La thérapie l’amènera à trouver le sens de ce qu’elle vit en tenant compte de son environnement et de ses influences familiales.
Le rêve ramène toujours à un conflit non résolu, conscient ou inconscient.


Comment utilisez-vous ces différents outils ? en fonction de la personne ? du problème exposé ?
Oui je m’adapte. J’utilise mes outils en fonction du besoin du moment.


Comment l’art peut-il guérir ?
Je n’aime pas le mot « guérir » parce que je pense que l’on ne guérit jamais de son histoire.
Nous sommes habités par notre histoire qui ne changera jamais donc nous sommes amenés à prendre conscience des mécanismes qui se sont construits dès la conception et avoir conscience de comment on fonctionne nous permet de ne pas donner prise à certaines situations qui d’ordinaire auraient été source de souffrance.
L’expression artistique est un porte parole de ce que nous sommes.


Quelles sont les méthodes artistiques mises au service de la personne ?
Il y a la peinture, l’écriture, l’argile et la danse.


L’écriture : c’est écrire quoi ?
L’écriture est pour moi une création et peu importe ce qu’on écrit. Ecrire, c’est mettre en forme ce qui est dispersé dans la tête car face à une situation, on peut être noyé sous une  pluie encombrante de pensées.
L’écriture permet de structurer la pensée et en même temps, elle donne forme à des concepts imaginaires, des concepts de pensées. Cette forme éveille la conscience, et la conscience permet d’agir en connaissance de cause et non plus sous des impulsions inconscientes.


Quelle partie de nous-même travaille-t-on avec l’argile ?
Le travail de l’argile est utilisé pour un travail sur l’enracinement. On est dans notre identité. Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? L’argile a un sens dans le travail transgénérationnel.


Et la danse ?  la peinture ?
La danse permet un travail en rapport avec la place  que l’on prend dans sa vie, la place dans le groupe social.
La peinture permet l’élaboration de la place qu’on se donne et la place que l’on donne aux autres.
Peindre son portrait par exemple donne un aperçu de comment on se voit à un instant donné.
Ce travail d’expression artistique ne nécessite pas des talents spécifiques.


Qu’est-ce qui s’exprime ? Est-ce l’inconscient qui parle ?
Oui. L’inconscient est notre ami. Il nous protège en développant des symptômes dont on voudrait guérir d’où l’importance d’aller doucement en apprivoisant notre histoire, en apprenant à l’aimer tout simplement. Lorsqu’on accepte son histoire, on peut plus facilement sortir de ses souffrances.


Les résultats obtenus par l’art thérapie sont-ils fondamentalement différents d’une psychothérapie ?
En thérapie, on ne peut pas parler de résultat mais plutôt de la capacité de la personne à devenir autonome.
Le processus thérapeutique permet d’acquérir un ensemble d’outils. Etre autonome, c’est pouvoir utiliser seul ces outils au quotidien.


Quel est votre parcours professionnel ?
Suite à un divorce, j’ai été obligée de travailler et pendant 20 ans, j’ai exercé la profession de négociatrice immobilière qui permettait de trouver un toit pour des clients en recherche. Cette profession était inscrite dans ma mémoire familiale puisque depuis mon arrière-grand-père, ma famille a été dans la construction de maisons suite aux destructions et spoliations d’ordre politique et idéologique.
En parallèle, j’ai suivi plusieurs formations en développement personnel qui m’ont permis de comprendre mon histoire.

Cette volonté de devenir thérapeute est venue progressivement. Les différentes prises de conscience m’ont permises d’avoir une image positive de moi-même et m’ont orientées vers la formation de somato-thérapeute.


Combien de temps dure cette formation ?
4 ans. Ces 4 années d’études m’ont permis un travail plus approfondi sur moi-même. J’ai fait un travail thérapeutique (psychanalyse). Ces études  m’ont permis aussi de connaître Freund, Jung, Mélanie Klein, Bruno Bettelheim, Meyer, qui sont encore aujourd’hui mes maîtres à penser !  De plus, j’ai pu rencontrer plusieurs personnes qui proposaient des techniques comme la peinture, les constellations familiales, la mémoire transgénérationnelle, etc…
Grâce à ces différents outils, j’ai contacté ma créativité et cela me permet aujourd’hui de les utiliser dans mon travail d’accompagnement des personnes.  
 
Pouvez-vous nous expliquer le déroulement d’une séance ?
Dans un cadre accueillant et chaleureux, en face à face, une séance peut durer jusqu’à 1 heure 30 pour la première séance.
En effet, la première demi heure, gratuite, est une prise de contact. Elle permet de poser le cadre et d’énoncer les symptômes. La personne décide alors d’arrêter ou de poursuivre. Si elle décide de rester,  la séance se poursuit pendant 1 heure.


Plusieurs séances sont-elles nécessaires ou peut-on rapidement observer des progrès ?
Je propose une thérapie courte de 3 mois à raison d’une séance par semaine. Ceci est une étape qui peut être prolongée s’il y a besoin d’approfondir le travail déjà effectué.


Proposez-vous des stages ou des formations ?
Oui, je propose des formations. Je suis enregistrée auprès de la Préfecture de Région comme formatrice agréée dans le cadre du développement des compétences des salariés.
Les formations se font sur mesure en réponse à un besoin individuel ou collectif. J’utilise l’expression artistique afin de mieux agir sur le développement des compétences des participants pour un meilleur épanouissement et performance professionnelle.  Vous trouverez tous les éléments sur mon site.


Que faites-vous pour votre bien-être ?
J’écris des livres, je peins des tableaux et je me rends disponible pour mes petits-enfants, entre autre.
Je participe aussi, avec l’association REGAIN, à la construction d’un projet de colocation solidaire pour des femmes seules, qui verra le jour cet automne.

Vous venez de sortir un livre : « Mon ami Alzheimer ». Comment vous est venue l’idée de traiter ce thème de la maladie de l’oubli dont on parle beaucoup aujourd’hui ? Et de quelle manière en parlez-vous ?

L’accompagnement de femmes âgées en maison de retraite m’a permis de prendre conscience que l’oubli peut être d’une certaine manière un confort.
Ces femmes abîmées par la vie, une fois à la retraite et inactives voient tous leur traumas remonter à la surface. L’incapacité à gérer les douleurs qui en découlent nécessite une prise en charge dont l’oubli devient un mécanisme de protection, donc un ami.
Ce que raconte, Madeleine, l’héroïne du mon livre et je vous invite à lire son histoire, est touchante et très optimiste.
Mon livre est disponible en librairie et sur Amazon. Avec la librairie Broglie, nous allons organiser une après-midi de dédicaces et une conférence sur les influences transgénérationnelles.


Avez-vous une histoire qui vous a particulièrement touchée à nous raconter ?
Un jour, j’ai reçu une jeune femme polonaise. Elle a quitté son pays à 20 ans. Elle en a 35 maintenant. Elle a fait des études et elle s’est bien intégrée en France. Dans son parcours  elle s’est retrouvée à l’hôpital psychiatrique. Pour comprendre ce qu’elle vivait, je lui ai demandé qui dans sa famille s’était déjà retrouvée en hôpital psy. Elle a réfuté ma question et elle m’a dit personne. Je l’ai invité à aller voir dans l’histoire de sa famille s’il y avait l’enfermement (hôpital psy, prison, etc…). Très dubitative, elle était prête à faire des recherches en étant persuadée qu’il n’y avait rien de tout ça dans son histoire familiale.
Je l’ai orienté vers l’histoire de son pays et notamment vers la perte d’identité de son pays, la Pologne, depuis 1795. Elle est revenue avec une histoire abominable. Du côté paternel, sa famille a été obligée de changer de nom et a été dépossédée de tous ses biens. Du côté maternel, ils ont également été dépossédés de tout et ont été envoyés en prison et plus récemment, après la second guerre mondiale, en Sibérie au goulag, donc enfermés. Le grand-père, considéré comme un fou a été interné et s’est évadé de ce camp et il a été assassiné de retour au pays.
Cette histoire a permis à cette jeune femme de prendre conscience que l’enfermement était inscrit dans sa mémoire familiale et qu’elle n’était pas obligée d’être fidèle à cette mémoire-là.


Quelles sont vos autres passions en dehors de votre métier ?
L’histoire de mon pays, la Pologne.
Je trouve que les pays de l’Est ne sont pas suffisamment reconnus dans leur histoire traumatisante et je travaille sur un projet pour la réhabilitation de cette mémoire.


Iwona, quelle est pour vous la définition du bonheur ?
Le bonheur pour moi, c’est de pouvoir vivre mes choix.
C’est avoir le droit de choisir et m’autoriser à vivre ces choix.




Interview Isabelle Marquis (Septembre 2012)