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Interview




Celine Campetto


Céline CAMPETTO

Harmonie - Massage, Art & Mouvement - Espace Bien-être
Choréame, Compagnie d'Art Vivant Sacré
7 rue de Phalsbourg
67000 Strasbourg
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
Téléphone: 03 67 07 68 06


Les sites de Céline CAMPETTO : http://harmonie-massage-mouvement.fr et http://compagnie-choreame.fr



Interwell : Comment peux-tu nous présenter ce que tu proposes à l’Espace Harmonie actuellement ?
Céline Campetto : C’est un lieu de rencontre pour permettre aux gens de faire le point, de s’harmoniser, de se questionner, de vivre un retour en soi. Que ce soit par le biais de  la thérapie corporelle ou par des activités plus culturelles comme le Jeu de la Transformation, l’écoute de conférences, des exposés, des débats, c’est avant tout un lieu féminin, qui apporte des forces de protection et de beauté aussi.
L’idée de ce lieu, c’est de permettre aux gens de retrouver leur enthousiasme et leur joie de vivre. Le troisième pôle important de l’association Harmonie, c’est qu’elle est aussi une structure qui accueille une compagnie d’Art vivant sacré : Choréame.

Interwell : Dans l’aspect thérapeutique, dans le premier de ces trois pôles il y a le massage, le Shiatsu. Qu’est-ce qui t’a amené à cette discipline ? Qu’est-ce que tu veux apporter à travers cet art ?
Céline : A travers le soin du corps, tout le travail corporel, il y a deux aspects : déjà la relaxation, bien-être pour permettre aux gens de revenir en eux-mêmes et se réharmoniser, pour s’apaiser, pour s’équilibrer. Et ensuite il y a un aspect psycho corporel pour amener la personne à comprendre le langage de son corps. L’intention cachée, c’est d’amener les gens à prendre conscience que leur corps est un temple.

Interwell : Et concernant cet art d’apporter des soins par le toucher, qu’est-ce qui t’a amené spécifiquement vers cet art-là ? Et même déjà vers le souhait d’apporter des soins, d’aider les autres à aller vers la guérison ?
Céline : C’est mon but de vie. A l’âge de dix-huit ans, j'ai pris conscience de ma vocation, que j’étais sur Terre pour apporter des forces de guérison et d’harmonie.

Interwell : Comment est-ce arrivé ?
Céline : J’attendais les résultats du baccalauréat. Je regardais tout cela se jouer devant moi et une douce lumière est venue éclairer mon cœur. Vraiment j’ai eu une expérience spirituelle à ce moment-là. C’était devenu dès lors une évidence : j’étais là pour apporter des forces de guérison.
J’ai commencé par trois années d’études en Homéopathie au Québec, puis j’ai continué avec trois autres années de masso-thérapie, toujours au Québec.

Interwell : Qu’est-ce qui t’a fait aller vers la masso-thérapie ?
Céline : Depuis que j’étais adolescente (sportive de haut niveau) je me faisais soigner par un ostéopathe et j’étais émerveillé par le travail des mains sur le corps et par le fait d’aller à la cause des problèmes. C’était cette démarche qui me plaisait. Comme je ne pouvais pas me diriger vers l’ostéopathie, j’ai découvert la Réflexologie et ensuite le massage sous différentes formes, Shiatsu, Massage suédois... J’ai ensuite enrichi ma pratique par le développement personnel et des techniques de travail sur soi que j’ai expérimentées.

Interwell : Est-ce qu’il y a une technique que tu privilégies, dont tu voudrais parler plus maintenant ?
Céline : Non, pas spécialement. En fait, je fais un mix. Je m’adapte aux besoins de la personne. Après 20 ans de pratique, et avec une écoute des demandes de la personne et de l’état actuel du corps, je choisis ce qui est le plus adapté. Ce qui est le plus important, c’est la rencontre. La technique, c’est une clé pour ouvrir la porte à la rencontre. C’est ce qui va permettre d’enclencher un processus de guérison.

Interwell : Voilà donc pour la première porte, on peut maintenant en franchir une autre si tu veux bien. Qu’est-ce que le pôle culturel cherche à apporter ? De quelles conférences, de quels débats s’agit-il ?
Céline : C’est plus pour alimenter le questionnement sur les pratiques thérapeutiques ou dans le but d’apprendre à mieux se connaître.

Interwell : Pourquoi est-ce important de mieux se connaître, selon toi, dans le cadre de ton activité ?
Céline : Agir avec plus de conscience et aligner nos actes sur qui l’on est vraiment. C’est la clé pour la bonne santé. Quand on vit ce que l’on aime et ce que l’on pense, on est forcément en harmonie. Et l’harmonie, ça protège des microbes, on ne tombe pas malade, on rayonne. On est heureux d’être qui l’on est et on le donne. Par ce rayonnement, c’est comme si on se protégeait soi-même. Apprendre à se connaître, c’est se donner l’occasion de retrouver le sens de l’étape actuelle de sa vie, de faire un pas dans cette direction en tous cas.
Ce n’est pas un travail spirituel. C’est une préparation à répondre, par un autre travail, différent, aux questions existentielles.

Interwell : Pourquoi est-ce aussi important pour toi de faire cette distinction entre le questionnement et le fait de trouver, d’apporter une réponse ?
Céline : C’est important parce que la thérapie c’est psychologique, c’est de l’ordre de la vie psychique. Et la vie spirituelle, c’est un autre univers, avec d’autres portes à franchir qui demandent d’autres capacités que celle de la thérapeute.

Interwell : C’est un cheminement d’un pôle à l’autre qui favorise dans certains cas d’aller vers une démarche spirituelle ?
Céline : La psychologie, c’est lié à la biographie de la personne, à son histoire avec tout ce qui la constitue de manière terrestre. Alors que l’aspect spirituel, c’est cette dimension éternelle qui la constitue d’un point de vue céleste. Ce ne sont pas les mêmes outils pour l’un ou l’autre.

Interwell : Il y a une citation d’Hildegarde de Bingen dans tes flyers : « Le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient jouer ses gammes. » Est-ce dans cette optique que tu l’as choisie ? Quel message veux-tu faire passer ?
Céline : Le travail psycho-corporel, c’est pour faire en sorte que le corps « atelier » puisse avoir des fondations saines et stables pour accueillir l’âme, ou la psyché, et ainsi permettre à ce que l’âme se sente en sécurité pour s’exprimer. Cette psyché, c’est elle la locataire de l’atelier, l’artiste, la créatrice et son souhait c’est que l’atelier ressemble à ce que l’esprit lui souffle. L’esprit est toute la part d’inspiration et de nouveauté.

Interwell : Nouveauté par rapport à sa vie de tous les jours, à tous les domaines de sa vie ?
Céline : L’esprit vient apporter un souffle nouveau pour que l’âme soit inspirée, qu’elle devienne créatrice de quelque chose de neuf. Sinon l’âme elle fait avec ce qu’elle a dans l’atelier ; elle peut faire des choses très jolies mais s’il n’y a pas le souffle de l’esprit, il n’y aura rien de nouveau et elle continuera de faire ce qu’elle a toujours fait depuis des années. L’esprit doit venir souffler pour apporter des impulsions nouvelles et c’est à l’âme de jouer le jeu. Et c’est à l’atelier de donner ses capacités.

Interwell : On dépasse un peu l’aspect thérapeutique, de la psyché, de guérir des blessures, pour aller vers une expansion de sa créativité ?
Céline : Oui, mais c’est un idéal. Et je ne m’occupe que de l’atelier et de l’âme. L’aventure de l’esprit regarde chacun en propre. J’encourage à ouvrir cette porte, ou ce velux plutôt, vers l’esprit. C’est mon état d’esprit. J’ai cette démarche de vouloir que l’esprit souffle à travers moi, ce vécu m’amène à rencontrer les gens et prendre soin des autres d’une manière particulière : j’ai conscience que tout être humain est un être spirituel.

Interwell : Est-ce que tu peux dire que ta quête spirituelle est comme en parallèle de ce que tu apportes avec Harmonie ?
Céline : Elle est plutôt au cœur de ma démarche, tout en restant intime. C’est quelque chose que je partage selon la qualité de la rencontre. Ma démarche, elle est guidée par ma volonté d’être libre d’aimer, et par ma Foi que je souhaite vivante, non dogmatique.
Dès l’adolescence, j’ai eu un questionnement existentiel et cela s’est renforcé dès l’âge de la vingtaine et c’est durant ma grossesse que j’ai ressenti ma responsabilité d’assumer ma Foi, et aussi de devenir une femme créatrice parce que j’allais devenir un modèle pour cet enfant. Il était temps que je sorte de mon conformisme, de ma vie du moment, de ce que j’avais toujours fait.

Interwell : C’était suite à toutes ces années de formations ?
Céline : Oui. En fait, c’était suite à la fin d’une psychothérapie artistique qui s’est terminée par une question de ma thérapeute : sais-tu qui a dit « Je suis l’Alpha et l’Omega. » ? Et je n’en savais rien. Elle m’a dit : c’est le Christ. Ta thérapie est terminée, va chercher et trouver le Christ. J’ai vécu cette expérience géniale d’une thérapeute qui a su me faire prendre conscience que la thérapie ne peut pas répondre à mes questions existentielles, que je devais me tourner vers une quête spirituelle, à travers un enseignement que j’ai découvert aussitôt. Quand l’élève est prêt, le maître apparait.

Interwell : Pour revenir à la troisième porte d’Harmonie, la Compagnie Choréame, tu as choisi Hildegarde comme sujet pour le premier spectacle, pourquoi ?
Céline : C’est une rencontre avec l’œuvre de sa vie. Je cherchais à l’époque un modèle de femme libre d’aimer. Et je me suis reconnue en l’étudiant dans les visages de l’artiste, la guérisseuse, la messagère. Elle est devenue un modèle encourageant, consolateur. Et puis un jour, j’ai ressenti le souhait de danser dans un cloître et il m’est apparu évident qu’il me fallait créer un spectacle sur sa vie et son œuvre pour ce lieu sacré.
Le but de la Compagnie Choréame, c’est permettre à l’art de jouer son rôle en apportant des forces de guérison et d’harmonie entre la terre et le ciel, entre la tête et le cœur et entre les gens.

Interwell : Tu dis qu’Hildegarde est un modèle de femme libre d’aimer, pourtant elle était contrainte par sa vie de nonne, n’est-ce pas paradoxal ?
Céline : Hildegarde était une grande amoureuse, du Christ déjà qui était son époux. Ensuite je me suis inventé un mot pour l’amitié d’amour : je t’amie. Et Hildegarde elle amie Volmar, le moine qui était son secrétaire et son ami de cœur. En aucun cas, en renonçant à la sexualité, on renonce à l’amour. Elle était aussi libre d’aimer à travers tous les êtres qu’elle soutenait, qu’elle guérissait. Elle a aussi semé des germes de sororité. Elle aimait ses filles en tant qu’Abbesse, elle voulait que le féminin s’épanouisse dans le sacré. Elle les encourageait à porter des bijoux pour certaines occasions par exemple.

Interwell : Quel est le lien entre toutes ces différentes activités de l’association Harmonie ?
Céline : En un mot ? C’est l’art de la Rencontre.

Interwell : Merci Céline pour ce partage.



Interview réalisée par Sébastien Bessat (Novembre 2012)