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Interview




lamiae oulad 10Lamiae OULAD
Thérapeute en psychothérapie, en hypnose eriksonnienne et praticienne en constellations familiales et systémiques
2, Rond Point de l'Esplanade, Strasbourg
06 62 50 37 23
http://www.psycho-ressources.com/lamiae-oulad.html
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Sébastien Bessat : Tu étais parmi les heureux participants du Salon Interwell 2012, pour ceux donc qui ne t’auraient pas encore rencontrée, pourrais-tu déjà nous présenter ton activité actuelle ?

Lamiae Oulad : Je suis thérapeute en psychothérapie, en hypnose eriksonnienne et praticienne en constellations familiales et systémiques, pour les grandes lignes. Je pratique aussi l’animation de groupe de méditation guidée. Je suis de plus en train de suivre une formation complémentaire en psychanalyse jungienne : j’ai déjà fini la première année. Dans cette formation, on étudie la pensée de jung, la symbolique des contes et des mythes et le rêve…  Il me reste trois voire quatre années à faire, mais les éléments que je maîtrise, je peux avec modestie déjà les offrir et en parler avec la personne qui vient me consulter et qui m’offre un rêve.

Sébastien B. : Ainsi tu es encore étudiante, est-ce que tu as un objectif de spécialisation, un but particulier que tu veux atteindre en continuant ainsi ta formation ?

Lamiae O. : Oui, enfin j’exerce déjà depuis 2008 à Strasbourg avec mes premiers outils mais toute ma vie je serai étudiante. En fait, j’ai mis un pied dans la psy sans me rendre compte que ça allait être le chemin de ma vie. Donc j’espère que tout le reste de ma vie je serai en train d’apprendre de nouvelles choses. L’être humain est merveilleux et en même temps très complexe. Je me dis qu’en peaufinant mon art, en ayant toujours de nouveaux outils à chaque fois je pourrai aider au mieux.  

Sébastien B. : De manière plus précise, qu’est-ce qui t’a fait choisir la psychanalyse ?

Lamiae O. : J’ai choisi la psychanalyse jungienne, parce que toute la partie symbolique me fascine, mais je ne veux pas que cela devienne une casquette exclusive. Ça prend beaucoup de place car c’est un enseignement très riche mais, ça ne mets pas de côté la psychothérapie, l’hypnose eriksonnienne et le reste… Ça me permet juste de m’adapter face à la personne qui vient. Si ce que je fais en premier ne marche pas, je sors de ma boîte à outil autre chose ! Tous ces outils sont mes bébés et je les aime autant les uns que les autres.

Sébastien B. : Et à l’origine, qu’est-ce qui te guide dans le choix, dans la sélection de tes outils ?

Lamiae O. : Au départ j’ai fait mon choix parce que moi-même j’ai eu besoin de la thérapie. Les thérapeutes a qui j’ai fait confiance ont utilisé sur moi certaines techniques pour m’aider à me « dépatouiller » de certains de mes systèmes, de mes blocages. Parfois on m’a proposé des choses intéressantes mais je ne les ai pas senti vibrer en moi. Quand de l’intérieur, je le vis et que ça vibre et que ça me fait du bien aussi, que vraiment ça m’aide à sortir de mon ombre, souvent je me dis de cet outil que j’aimerai bien le rendre mien également, en tant que thérapeute. J’ai choisi mes outils en les testant en amont en tant que patiente. Je ne conçois pas de faire de la thérapie sans avoir été ou être en thérapie soi-même. D’ailleurs les personnes que je reçois peuvent ressentir que j’ai un vécu, et non seulement de la théorie. Et c’est encourageant pour elles car elles perçoivent ainsi qu’il y a là un outil qui peut très probablement les aider.

Sébastien B. : Je te propose maintenant de nous parler plus en détail de tous ces outils qui te sont chers et en premier lieu si tu veux la psychothérapie. Quelle a été ta formation et comment l’utilises-tu aujourd’hui ?

Lamiae O. : Ma première formation, en trois ans, s’est passée à l’EEPSSA (Ecole Européenne de Psychothérapie Socio- et Somato- Analytique de Lipsheim, France) auprès du Dr Meyer. Donc « somato » signifie corps et c’est une formation axée sur la relation entre la psyché et le corps. Cette formation m’a apporté de savoir écouter, de savoir écouter même ce qui n’est pas dit à l’oral, ce qui est dit par le corps. J’ai appris à prendre en charge la totalité de la personne et pas simplement le symptôme (thérapie holistique) : prendre en compte la psyché mais aussi le corps, l’âme, toute la partie spirituelle, vraiment dans sa globalité. Ensuite, je n’avais pas le souhait de me spécialiser dans le corps alors j’ai plus développé l’aspect psyché.  

Sébastien B. : Quelles techniques/outils as-tu découvert durant cette période ?

Lamiae O. : Beaucoup et certaines ne m’ont pas parlé, tandis que d’autres ont tout de suite été un coup de cœur : l’hypnose, le psychodrame, l’EMDR (étude des mouvements oculaires pour aider une personne qui vient de vivre un traumatisme ou drame récemment) etc. J’ai surtout appris les bases de la relation au patient, de la déontologie, et des techniques pour aider à mettre en confiance pour que le patient puisse livrer ses problèmes dans les meilleures conditions. Ensuite, je m’ajuste toujours selon ce que la personne apporte, m’offre et, à partir de là, je compose. Je ne réfléchis pas à l’avance au sujet de l’outil que je vais pouvoir utiliser quand la personne sera là, même si je l’ai déjà vue en consultation. C’est ce avec quoi la personne arrive sur le moment qui est important.

Sébastien B. : Et en synthèse quelle est alors pour toi la définition de psychothérapeute ?

Lamiae O. : Etre thérapeute en psychothérapie, c’est arriver à s’oublier pour ne laisser la place qu’à la personne qui vient me voir et que, aucun jugement, aucune valeur, aucune pensée ne puisse venir déranger ce que la personne est en train de me livrer. J’y vais comme si j’étais un écran blanc et la personne écrit dessus. Lamiae n’existe plus à ce moment-là… La personne vient me raconter son brouillard et moi de ma place je joue la traductrice et je vais juste lui renvoyer quelque chose de plus clair. Je ne suis pas là pour lui dire quoi faire, pour lui imposer une façon de penser ou de vivre… A ce moment-là je n’existe plus, il n’y a plus qu’elle.

Sébastien B. : En fait, c’est une base pour tous les autres outils… Est-ce que tu peux détailler, définir brièvement l’Hypnose qui fait partie de ces outils ?

Lamiae O. : Tout d’abord, je peux dire que j’ai fait ma formation en 2007-2008 juste après l’EEPSSA, dans une autre école car je veux garder une certaine ouverture d’esprit et ne pas me cloisonner à une seule façon de penser. C’était donc une formation cette fois à Paris auprès du Docteur Victor Simon au Centre d'hypnose et psychosomatique de Paris, m’ayant amenée au Certificat de spécialisation en Hypnose Ericksonienne.
L’Hypnose, c’est un pont entre le conscient et l’inconscient. Elle aide à faciliter l’alliance intime. On a une part inconsciente dans laquelle il y a les solutions mais il faut cette alliance pour puiser de dedans et apporter ces solutions dans sa vie consciente. Pour utiliser une métaphore, si nous étions une maison, l’hypnose nous permettrait d’accéder facilement à notre grenier dans lequel se trouvent toutes sortes de cadeaux, de secrets, de malles pleines de bijoux, d’objets précieux. Elle permet d’y puiser les ressources dont on a besoin. Très souvent dans le grenier on stocke beaucoup de choses et on oublie, c’est un peu cela l’inconscient. Et l’hypnose permet de les retrouver, d’utiliser ce dont on a besoin pour faire face à une douleur dans la vie de tous les jours.

Sébastien B. : Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans cet outil que tu utilises beaucoup donc ?

Lamiae O. : Les personnes qui viennent me voir sortent d’une journée de travail difficile ou sont stressées d’une manière ou d’une autre par la vie d’aujourd’hui, sont très souvent en tension. Et avant tout, l’hypnose aide à se détendre, à se poser, à respirer en profondeur, à calmer tout ce qui se passe dans la tête, pour qu’on puisse commencer à travailler. C’est une technique qui met en état de conscience modifiée, qui peut mettre dans un état de méditation… Mais tu n’es pas absent, on continue à converser. J’essaie de mettre les tensions proches de zéro. Et c’est ce qui me plait dans cette technique. Même si on a des à priori sur l’hypnose, que l’on résiste, cette partie-là va fonctionner. Le fait de se centrer, de respirer, sans s’en rendre compte, c’est déjà de l’hypnose.

Sébastien B. : Donc la relaxation est une partie intégrante de l’hypnose ?

Lamiae O. : Oui d’ailleurs l’hypnose est voisine de beaucoup de techniques comme la sophrologie, la relaxation effectivement, la méditation… La différence, c’est ce que l’on fait lorsque la personne est détendue. Erickson avait beaucoup de petites histoires pour l’inconscient ; comme un jardinier qui plante de petites graines dans l’inconscient… Et on va tout simplement laisser celles-ci pousser. Et c’est mon travail de trouver les bonnes graines, celles qui vont pousser. Je n’impose rien, la personne fait le tri. Et si elle l’accepte, elle va laisser pousser et laisser advenir ce qui en résulte…

Sébastien B. : C’est cette graine qui permet de puiser dans l’inconscient ?

Lamiae O. : Oui, c’est ce qui permet de trouver les solutions. Parce qu’elles sont là mais on n’y a pas forcément accès, elles sont cachées, inconscientes par définition. Cette partie me plait beaucoup car elle fait appel à la créativité, à l’intuition… Et chacun est différent, avec son histoire et je me surprends même parfois à inventer des graines toutes spéciales, sur les bases posées par Erickson, et selon le problème. Il était un génie et beaucoup de ses histoires sont presque de l’ordre  de la « magie ».

Sébastien B. : Et pour ce qui concerne les constellations familiales ?

Lamiae O. : Je me suis formée à l’Institut Ressource en Belgique, auprès d’Eric Laudière, qui était un élève de Jodorowsky. C’est un travail que je privilégie en groupe bien qu’il existe aussi en individuel, sur le trans-générationnel. Il permet de recevoir un feu vert de sa lignée pour lever, régler un problème ; on fait appel à beaucoup de rituel. Dans notre société, il n’y a plus de rituel de passage et souvent on a des problèmes à un certain âge qui proviennent d’une tranche d’âge précédente parce qu’on n’a pas fait le passage entre les deux. Et on peut aussi travailler sur cet aspect. C’est un outil qui demande à être vécu plus qu’expliqué. C’est souvent quand on a des problèmes répétitifs, ou dans la lignée, problème qu’avait aussi le père ou la mère, ou dans sa vie personnelle, des conflits récurrents par exemple. C’est d’ailleurs possible d’aborder ce problème dans d’autre système que la famille. C’est d’ailleurs très demandé en entreprise. L’idée, c’est de comprendre ce qui provoque le problème de manière à ce qu’on ne le répète plus, qu’on le débloque.

Sébastien B. : Et qu’est-ce que tu apprécies le plus dans cette technique ?

Lamiae O. : Ce que j’aime dans ce travail, ce sont les liens. Les liens que l’on répare, ceux que l’on crée, l’accueil de l’autre, la rencontre et surtout la capacité que trouvent les gens à voir au-delà des traits négatifs, parfois très sombres, l’être humain vulnérable qui est derrière.

Sébastien B. : J’ai lu que tu as une spécialité dans les problèmes d’intégration, est-ce que tu peux nous en parler ?

Lamiae O. : Oui, c’est quelque chose qui me touchait particulièrement puisque je suis issue d’une famille qui a du s’intégrer en France. Malheureusement je n’ai pas trouvé de formation théorique qui peut me donner plus d’assise dans ce travail. Je puise donc beaucoup dans mon expérience. Comme on aime papa et maman, que le choix entre les deux serait difficile, j’ai du apprendre à aimer mes deux cultures de façon égale. J’ai du créer une culture bien à moi qui baigne dans les deux univers, qui me permet de ne pas avoir à choisir entre ces deux pôles. Et c’est ce que je peux apporter : aider à intégrer avec ouverture d’esprit des données qui sont parfois complètement contradictoires, différentes façon de réagir qui sont opposées et peuvent conduire à avoir un sentiment de déchirement intérieur. Je m’intéresse autant à  la culture nord-africaine, qu’à celle des pays de l’Est ou encore la culture anglo-saxonne.

Sébastien B. : Et pour finir, peux-tu dire quelques mots de la méditation guidée ?

Lamiae O. : Il s’agit de petits groupes, au maximum six personnes, avec lesquelles on choisit un thème de travail, la confiance en soi, le stress, les problèmes reliés au poids, le travail… Et selon le thème, en méditation j’utilise les petites histoires d’Erickson ou d’autres comme  celles de Jacques Salomé. Ensuite il y a des partages, une dynamique d’échange qui se met en place tranquillement,  au calme. L’idée, c’est de créer « un petit cocon dans lequel on s’autorise à grandir »…
Pour information et par ailleurs, à partir de janvier je vais le proposer en bénévolat à la Maison d’Arrêt  aux quartiers femmes.

Sébastien B. : Qu’est-ce qui t’amène à t’engager pour cette cause ?

Lamiae O. : Les femmes et leurs histoires me touchent. Là où il y a une privation de liberté physique, je veux essayer d’apporter un peu de liberté psychique et planter des graines qui peut-être pourront leur servir une fois sorties, du moins qu'elles pourront alors utiliser pleinement.   

Sébastien B. : Merci à toi.

Lamiae O. : Merci.



Interview Sébastien Bessat (Décembre 2012)